Stockhausen – Kontact

Lorsqu’il s’agit de musique savante, il est difficile d’échapper longtemps à son aura. Soyons clairs, Karlheinz Stockhausen est incontournable. Il a, à lui seul, accompli plusieurs révolutions et sa rage expérimentale ne le quittera qu’à sa mort il y a deux ans.

Boum !

Parce que la vie de cet illustre personnage importe peu face à l’ampleur de sa production artistique, je vous épargne l’exercice fastidieux, tout en copier coller de sa biographie. Il me faut néanmoins situer la période durant laquelle l’ogre teuton bouleversa notre monde musical.

Dans la constellation des compositeurs du XXème siècle Stockhausen a eu l’effet d’une supernova. D’abord naine blanche, au début des années 50, il absorbe toute la matière musicale avoisinante, Olivier Messiaen, Anton Von Webern et les premiers sériels. Puis autour de 53 c’est l’explosion, la lumière jaillit  avec  Studie 1, première œuvre de musique électronique. À partir de cet instant, sa radicalité et son inventivité ne cesseront de se répandre dans les cieux, en d’innombrables éclats de sphères chromatiques. Son œuvre se veut totale, absolue et universelle. Il rassemble et synthétise les cultures, les continents engloutis et les mondes inconnus sous un dôme Wagnérien où le temps n’a plus cours.

Kontakt

Kontakt est une œuvre fondatrice de la musique électronique ou plutôt de la musique dite mixte (à la fois électronique et acoustique). C’est la première grande nouveauté, confronter des instruments réels (piano et percussions) à quatre haut-parleurs diffusants des sons artificiels prédéfinis de manière indépendante (c’est la première fois, je crois). Le piano joue le rôle de liant entre les différents moments de la pièce.

Le résultat est un mélange de free jazz, de cloches et de cris de droïdes décomposés. le compositeur joue ici sur les différences entre les timbres. Il s’éloigne de la musique tonale (entendez harmonique ou mélodique) ce qui à pour effet d’enrichir ses possibilités en terme de production sonore et donc de perception. Cette ambiance froide et humide, à la fois fluide et percussive  fonctionne à l’intérieur d’une représentation du temps plus verticale qu’horizontale où seul le présent compte et où ni début ni fin ne semble exister.

Encore une fois pas de panique, ça date de 1960 et donc l’univers sonore est loin de nous être inconnu. De plus la pièce est courte, à peine une demi-heure, alors n’hésitez pas !