Souriez, vous êtes traqués

C’est les geeks qui nous l’apprennent : Facebook, le réseau social qui permet à ses utilisateurs de se relier entre eux en devenant « amis », serait en train de divulguer nos données personnelles.

Un système simple et flippant

Lors de sa grande messe annuelle, la conférence F8 du 21 avril,  Mark Zuckerberg et son équipe annoncent un système révolutionnaire simple et puissant qui offrirait une personnalisation instantanée de n’importe quel site web.  Waouuh. Bon j’ai rien compris au début, mais une fois le contenu décortiqué par la communauté geek, tout cela m’est apparu carrément flippant.

Je vous explique. Avec les Social Plugins introduits lors de cette conférence, Facebook prétend ajouter un simple bouton « Like » sur toutes les pages du Web. Ces petites boîtes sont déjà présentes sur 55 000 sites : on les trouve principalement sur les blogs, ou sur les plate-formes collaboratives. Vous les avez tous certainement déjà rencontré, ils ressemblent à ça :

Chacun de ces petits boutons constitue autant de pages Facebook embarquées sur ces sites. En d’autres termes, vous serez connectés à Facebook à chaque fois que vous allez sur un site lié.

Savez-vous ce que c’est qu’un cookies ? Ces fichiers qui permettent de vous identifier et d’y associer des informations. Eh bien, c’est ça. Avec les Social Plugin, vos visites sur les sites seront enregistrées, classées et retracées.

Essayer d’y échapper pour voir

Il suffit de quitter Facebook, me direz-vous. En vérité ce n’est pas si simple. Car avec ces plugins, chaque webmestre est encouragé à ajouter sur ses propres pages une petite ligne de code qui moucharde directement à Facebook le fait que vous lisez cette page.

Que vous cliquiez ou non sur le bouton « Like », Facebook enregistre votre passage sur la page, à votre nom. Si vous êtes connecté à Facebook à ce moment-là, le message qui s’affiche est personnalisé à votre nom, et en fonction de vos amis. Mais dans tous les cas, connecté ou pas, Facebook est informé de votre visite sur la page en question.

Les sites que vous visitez en sauront donc beaucoup plus sur vous car vous serez automatiquement reconnu via votre identité Facebook. Vous l’avez compris, on en vient très vite au trafic de que vos données personnelles ! Des informations que les publicitaires sont prêts à s’arracher.

« Only the paranoid survive »

Faut-il devenir paranoïaque pour survivre, comme le suggère le livre d’Andrew S. Grove ?  En d’autres termes, faut-il fermer son profil Facebook ?

Habituellement je suis plutôt contre ce genre de discours paternalistes. Il est quasiment impossible de ne pas être pisté sur le net. Et avouons-le on se marre bien sur Facebook. Le problème c’est que les données de plus de 450 millions de personnes sont stockées sur cette seule et unique plate-forme.

Si je ne suis pas une hystérique de la vie privée, je vous conseille tout même de faire attention car dans quelques temps vous risqueriez d’être surpris. Exemple, imaginez que vous visitiez un site et que la page avec votre nom s’affiche « Bonjour xxx, dans 4 jours c’est votre anniversaire, et cette semaine vous êtes allé trois fois sur le site de La Redoute. Grâce à toutes les traces que vous avez laissé sur le Net, nous connaissons exactement vos besoins ». Au secours !

Donner un immense pouvoir à une seule instance de contrôle, sur laquelle vous n’avez en tant qu’utilisateur aucun droit, est problèmatique. Pourquoi confierai-je sans restriction des informations personnelles, voire intimes à un organisme privé et marchand, alors que je hurlerai si j’apprenais que les RG ne possédaient ne serait-ce que ma date de naissance* ?

*Comment ? Ils la possèdent !