Sortir du train-train

Nouveau site Internet, campagne d’emailing, application dédiée sur l’Iphone et autres smartphones … la SNCF se met à l’heure et proposerait même prochainement des billets low-cost.

Des billets low-cost, voilà une bonne nouvelle pour l’entreprise nationale, qui n’a pas toujours bonne presse. Grèves, retards, bugs informatiques … sujets houleux qui reviennent fréquemment dans les journaux à chaque nouvel incident dans les transports ferrés.  Il faut dire que les Français entretiennent une relation très particulière avec la SNCF, tantôt de mépris, tantôt de fierté. Ce qui n’empêche pas Voyages-sncf.com d’être le 1er site cybermarchand en France, avec plus de 54 millions de billets de train vendus en 2008. Une ambiguïté qui repose aussi sur une mauvaise connaissance : quand vous prenez le train, c’est au minimum 3 entités qui assurent le service : le Réseau Ferré de France pour les rails, la SNCF pour le train et Voyages-sncf.com pour la réservation en ligne.

Les temps changent … Et les marchés s’ouvrent !

D’ailleurs, la SNCF n’a plus le monopôle. Depuis le 13 décembre 2009, les concurrents de la SCNF peuvent faire rouler leurs trains sur les lignes internationales en France, dans le cadre de la directive européenne de 2007 sur le rail. Ah bon me direz vous ? C’est vrai que ce n’est pas très flagrant. L’AFP l’annonçait déjà en avril 2009 : « L’ouverture à la concurrence du rail français démarre au ralenti ». Crise économique, démarches bureaucratiques complexes en France et perte de vitesse du trafic ferroviaire sont autant de raison de cette lenteur. La SNCF fait le même constat comme le précisait les Echos : « Le TGV est en crise, c’est normal que son modèle économique soit le seul à être révolutionné ». De plus, pour le groupe français, les rames vieillissantes qu’il faut changer s’ajoutent dans la balance commerciale.

Action / Réaction

Dès mardi dernier, le groupe national remettait à plat sa stratégie. L’accent serait mis sur les services dédiés au public. La SNCF réfléchit notamment à une offre low-cost, qui pourrait débarquer en 2012. Le groupe public souhaite ainsi que les quotas de places réservés aux militaires, aux familles nombreuses ou encore aux parlementaires puissent être diminués en heures de pointe. Un peu comme les billets « iDTGV », disponibles seulement sur internet. Mais alors qu’est ce qui va changer avec ces tarifs low-cost ? Vraie offre commerciale ou simple effet d’annonce ?

Car face à la complexité et la multiplication des offres, difficile de tout comprendre parfois, surtout que voyages-sncf.com ne propose pas que des billets de trains. Pourtant, c’est en voyageant un peu ailleurs en Europe et plus généralement dans le monde, que l’on réalise la chance de profiter d’un réseau ferré rapide. Le cas de l’Angleterre, marronnier du mauvais élève en France, est il vrai bien plus complexe pour le voyageur lambda, avec son éclatement en 26 franchises régionales.

De la relativité des vacances

Finalement, on n’est pas si mal loti en France, et puis parfois le train, c’est aussi synonyme de vacances. Et si en plus, les prix peuvent être bradés, on ne pourra que se réjouir. Mais pour cela, la SNCF devra discuter avec l’Etat. Et notamment négocier sur sa liberté tarifaire afin de pouvoir restaurer ses marges. Pas une chose si facile en ce temps de –rigueur – pardon, de recadrage budgétaire. Le transport, c’est aussi une volonté politique.

Mais en attendant, pour ceux qui voudraient partir en vacances en train, il y a déjà “ les bons plans du Net ”.  Voilà de quoi nous faire patienter encore un peu à l’heure de prendre des billets pour des vacances de dernière minute.