Sortir à Paris 33 : Amour Miró

Chaque semaine, Math B vous propose son carnet de sorties sur Paris. Cette semaine une visite au musée Maillol pour découvrir l’univers de Miró, un concept store créole et une immersion dans l’hôtel Amour.

Expo : Miro Sculpteur

Il ne vous reste plus qu’une semaine pour découvrir l’univers de Miró au musée Maillol, dans le 7e. Plus d’une centaine d’œuvres de la Fondation Maeght sont réunies sur deux niveaux.

Représentant du mouvement surréaliste, l’artiste Catalan est reconnu pour ses peintures, ses Constellations et ses monochromes. Cette exposition met à l’inverse l’accent sur ses sculptures et sa gestuelle créative. À l’aide de divers objets recueillis, Miró créa de nombreuses sculptures hétéroclites, empreintes d’une certaine poésie. À travers ses œuvres, son propre langage et son univers fantasmagorique apparaissent. Des céramiques et des œuvres sur papier s’ajoutent aux sculptures pour témoigner des recherches de l’artiste : il explore les formes lisses, l’éclat de la couleur, etc.

Le parcours est peu lisible et un peu plus chaotique de salle en salle, mais il a l’avantage de balayer différents stades de création : la sculpture mythique, la sculpture monumentale, la sculpture en couleur, la sculpture objet. La représentation de la femme occupe une place importante dans l’œuvre de Miró. Associée à la mythologie, à un univers sacré, la femme est un objet d’inspiration tout autant que les constellations et les oiseaux.

L’univers de l’artiste se nourrit également de ses différentes rencontres, elles sont fondamentales dans son œuvre. Grâce à Gali, son professeur de dessin, l’artiste explore le « dessin au toucher » et communique cette sensibilité dans la sculpture, avec Artigas il découvre le plaisir de la céramique à quatre mains, et grâce à Maeght, il associe intentionnellement ses œuvres monumentales à la nature à l’architecture.

Cette exposition permet de découvrir l’œuvre sculpturale de Miró avec plaisir, avec humour et avec poésie. Vous n’avez plus qu’à vous réfugier au musée le temps d’une averse ou pour échapper à une hausse du thermomètre.

Boutique : Divini Kréol

Cette semaine, je vous invite à un détour dans un univers caribéen grâce à une petite boutique dans le neuvième, près de Notre Dame de Lorette. Il suffit de pousser la porte d’une petite devanture couleur turquoise pour découvrir les créations d’Audrey Gothland, créole guadeloupéenne. En collaboration avec des artisans créoles ou français, elle imagine et confectionne des objets contemporains exprimant l’art de vivre antillais et le mélange des cultures.

Architecte de formation, Audrey Gothland a conçu sa boutique comme un concept store ; évocation d’une case créole aux teintes vertes, mettant en scène bijoux, bougies, huiles de soins, gourmandises et céramiques aux lignes épurées. Les collections sont réalisées en petite quantité et assez variées. J’ai apprécié l’imaginaire proposé par cette marque ethno Design.

Chaque produit est accompagné d’une carte qui relate une des aventures des Tontons et des Taties, personnages imaginés par la créatrice. Ces histoires drôles, sous forme de bandes dessinées, inscrivent l’objet dans une histoire et prolongent l’évasion.

Lieu : Hôtel amour

Cette semaine, je vous donne mon avis sur l’hôtel Amour, situé dans le neuvième. Décrit dans plusieurs chroniques comme l’endroit « arty et trendy » du moment, j’ai voulu m’y rendre pour me faire une idée. L’hôtel offre un service de restauration-bar ouvert à tous. Situé à deux pas de la rue des Martyrs, le quartier est plaisant. De la rue, n’est visible qu’un simple néon « amour » et une devanture assez sobre. À peine entré, on ressent la fabrique Costes. Légère ambiance de bistrot, quelques touches de rétros à l’aide de meubles chinés, le tout dans un style très branché.

A la carte, rien de fou, steaks tartares, poulet frites, etc. On ne vient pas non plus pour le service qui est plutôt lent et peu suivi. Pas d’exigence sur les mets, mise à part les desserts, confiés au chef pâtissier Delmontel, dont la boutique  située à quelques pas délivre de délicieux péchés gourmands. Vous l’aurez compris ici on ne vient pas pour découvrir de nouveaux mets, mais pour le lieu, et avouons le un peu pour être vu de tous.

Coté hébergement, les 20 chambres à l’étage sont uniques, allant du style romantique, élégant au trash. Chaises de Prouvé, Perriand, intérieur dessiné par Sophie Calle ou Marc Newson, photos de Terry Richardson, etc.. Elles offrent un cadre exceptionnel. Quatre catégories de chambres sont proposées, mais le prix reste peu abordable et vise une clientèle restreinte…

Alors in fine, je vous conseille de venir pour le petit plus du lieu : la cour intérieure de l’hôtel, couverte en partie d’une verrière. Je vous suggère un petit déjeuner copieux et abordable, au calme afin de profiter de cette ambiance retirée et qui se révèle cosy en matinée…