Paris S2E24 : How to make it in Paris

BLEND HAMBURGER

Dans ma quête du burger parfait, j’ai essayé cette semaine le « Blend hamburger » dans le quartier bobo d’Etienne Marcel. Je suis allée voir ce que cachait l’appellation « hamburger gourmet » présente sur l’enseigne, saturée de louanges sur les blogs culinaires. Première impression, le lieu est assez petit, une vingtaine de couverts, et il y a toujours foule ! L’équipe de serveurs vous accueille tout de même avec le sourire et vous met sur liste d’attente. Vous pourrez attendre dans la zone qui sert d’entrée, en dégustant debout une de leurs bières françaises. Côté déco, tout est décliné en noir et blanc, l’ambiance se veut minimaliste, mais les cadres avec des symboles de burgers font tâche et les citations sont sans grand intérêt. Les tables en bois blond se partagent à plusieurs, promiscuité assurée mais who cares si le burger est bon.

Parlons en justement, vous aurez le choix parmi 7 burgers allant du classique steak de bœuf au végétarien avec steak de mozzarella panée, en passant par des steaks de veau. Certaines compositions sont inventives comme le Signature, spécialité de la maison: steak de boeuf, compotée d’oignons, bacon, bleu d’Auvergne, emmental de Savoie et pousses d’épinard. Je me suis laissée tenter par le classique Cheesy : steak de boeuf, bacon, cheddar anglais, ketchup maison, oignons frits, laitue iceberg. Le burger tranché en deux est servi dans une corbeille. Le bun fait maison est bien généreux, un peu brioché. La viande, d’origine française et sélectionnée par le boucher Yves-Marie le Bourdonnec, est épaisse et savoureuse.

Le tout est très fondant et goutu, mais j’aurais aimé trouver une touche de fraîcheur ou de texture, on sent peu le croquant de la laitue ou du bacon. Ca manque de punch. Les frites sont aussi home made et sont servies bien cuites avec une pointe de persil.  Elles se déclinent aussi en patate douce, pour ceux qui aiment les saveurs sucrées salées. Plutôt que de finir sur un dessert, j’ai partagé un autre burger cette fois sur le conseil de la serveuse, le Chip : steak de veau, pesto, sauce légèrement épicée, mozzarella, salade. Plus savoureux que le Cheesy mais encore loin de mes souvenirs de burgers New Yorkais. Et pour finir, le prix : on est encore loin mais bon je reconnais tout de même qu’ils sont goûteux,  de qualité avec une touche française et loin de la restauration rapide. Allez y ça se tente !

SCHMUCK

Le schmuck près d’Odéon, c’est le dernier club de Romain Dian (Bus Palladium), Hugo de Selignac, Antoine de Tavernost et Gilles Lellouche. Le premier se trouve Rive Droite, dans la rue de Ponthieu derrière les Champs, c’est un bar à cocktails un peu lounge. J’y avais fait un tour sans que ça me marque, ni me séduise, trop sophistiqué pour moi. Peu de temps après, la bande a donc investi la Rive Gauche, en lieu et place des anciens Cinoches, au programme cocktails et popote chic. J’y suis allée voir si c’était moins bling bling. Pour la déco, ils ont refait confiance à Laura Gonzalez (Bus Palladium, Club Régine). À l’aide d’objets chinés, de petites touches du XVIIIème, de matières et de papiers peints colorés, elle a su créer une ambiance agréable et originale où on se sent bien, même si c’est encore un peu trop people.

Ici vous n’avez que des gens hypes qui espèrent pour beaucoup être vus. J’y suis venue pour les cocktails et j’ai eu le choix entre une dizaine de classiques, trois piscines (cocktails à base de champagne et de glaçons) et une dizaine de créatifs. J’ai testé le Monkey Business, à base de whisky et d’agrumes, bien dosé et savoureux. Mais j’avoue que je préfère la touche du Prescription ou de la Candelaria, plus osée et créative et surtout de meilleur rapport qualité-prix. Alors allez-y si votre porte monnaie vous le permet et si vous êtes dans le coin mais pour ma part je continuerai à être fidèle à Pierre-Charles, Olivier et Romée (créateurs du Prescription club, Expérimental Club, Curio parlor, Ballroom).

COMPLÉMENT D’OBJET

Si vous n’avez pas envie d’aller jusqu’à Saint-Ouen pour chiner, je vous conseille les brocantes de la rue du Marché Popincourt. Mais si vous cherchez la touche qui fera la différence dans votre intérieur, je vous propose de continuer rue Jean-Pierre Timbaud et de vous arrêter chez Complément d’Objet. Patrice Rostenstein vous accueillera dans sa riche collection de luminaires des années 30 à 80. Éparpillés du sol au plafond, vous trouverez ici des appliques, des lampadaires, des lampes à poser, des baladeuses, des pièces mythiques designées par Bucquet, Desny, Reggiani, Rispal, Motte, Disderot, Artemide, luminaires industriels, lampes Gras …

Le panel est assez vaste, on y trouve de nombreuses matières (résine, verre, fonte d’aluminium acier, bronze) et beaucoup de signatures. Parmi les lampes, vous trébucherez peut être sur des meubles du 20ème, des chaises Prouvé, des tables d’Alvar Aalto, et des objets décoratifs. Il faudra économiser un peu avant de pouvoir se payer un meuble mais vous êtes sûr de ressortir avec un objet signé qui se suffira à lui même. Au pire, aiguisez et entraîner votre regard à dénicher à votre tour des pièces rares dans les marchés.