My week with Marilyn, reportage Paris Match de luxe

Marilyn Monroe, qui fut comme chacun sait « la plus grande star de tous les temps », n’était pas forcément la femme la plus inaccessible du monde. Un jeune adolescent chanceux l’a même connue intimement pendant une semaine. Il a raconté tout ça dans un livre. Et voilà l’adaptation hollywoodienne, mais sans la vraie Marilyn.

Sept jours de réflexion

Il était une fois en 1956, Colin Clark, un jeune diplômé d’Oxford devient troisième assistant réalisateur sur le tournage du Prince et la Danseuse, une bluette romantique qui devait marquer la rencontre entre Laurence Olivier et Marilyn Monroe. L’ambiance n’est pourtant pas au beau fixe, les méthodes modernes de Marilyn (inspirées par Lee Strasberg de l’Actors Studio) ayant beaucoup de mal à s’adapter à la vieille théâtralité de l’acteur shakespearien (joué avec cabotinage par son disciple Kenneth Branagh). Cette situation de crise, Colin la vit d’abord en tant que témoin privilégié mais passif. Mais il suscite immédiatement la sympathie de la star et deviendra petit à petit son confident, son ami, et peut-être même plus, allez savoir, bande de petits coquins.

En nous épargnant tous les défauts du biopic édifiant et du ciné-wikipédia pour mieux se concentrer sur un épisode précis, My Week With Marilyn semblait partir avec de bons atouts. Le potentiel mélodramatique d’une rencontre pas si banale entre une star tourmentée et un jeune ado transi d’admiration pouvait même produire des étincelles en se permettant des libertés avec le mythe. Hélas, le résultat, visuellement soigné mais assez académique, ne dépasse jamais le stade de l’anecdote people, du roman-photo croustillant. Le film flatte évidemment le fantasme de ceux qui ont toujours rêvé de devenir intime avec les stars qu’ils admiraient sur grand écran. Plutôt qu’un habitué de téléfilms, il aurait fallu un cinéaste qui sache transcender cette dichotomie entre la fascination naïve pour le monde des paillettes et la crise existentielle d’une star écrasée par le poids d’une célébrité trop grande pour elle. A l’arrivée, on a la désagréable impression que le titre du film aurait très bien pu être Voilà comment j’ai pécho Marilyn.

Michelle Williams, actrice périlleuse

Reste tout de même une chose qui intrigue, et pas n’importe laquelle : le jeu de Michelle Williams dans le rôle le plus casse-gueule du monde (honnêtement, qui y croyait vraiment à l’annonce du projet ?). On savait déjà cette actrice talentueuse, mais elle étonne en livrant une composition assez fine de Marilyn avec ce mélange d’ingénuité, de maniérisme et de tristesse rêveuse qui la rendaient si unique. Elle est bien la seule à avoir compris que l’intérêt d’incarner un tel personnage était de rendre justice à sa profonde fragilité plutôt que de viser la grosse performance mimétique à Oscar. Pas de chance, My Week With Marilyn est justement une production de Harvey Weinstein, le seul mogul hollywoodien à croire encore qu’un film ne devient un chef-d’œuvre incontestable que s’il gagne des Oscars.