La pénibilité au travail : un enjeu de société

L’environnement et les conditions de travail sont des facteurs très importants pour améliorer la productivité de l’entreprise. Pour cela, il est important que les dirigeants d’entreprise mettent tous les moyens en œuvre pour assurer la santé au travail de leurs employés. La pénibilité au travail est un fait de société qui mérite d’être réduit, voire éliminé pour la prévention des risques au travail.

Définition de la pénibilité

Selon une définition du droit du travail français, la pénibilité en milieu professionnel est considérée comme l’exposition des employés à un ou de multiples facteurs correspondant à des contraintes physiques prononcées, un milieu de travail agressif ou certains modes de travail capables de laisser des marques durables dans le temps, identifiables et irréversibles sur la santé du salarié.

En d’autres termes, la pénibilité au travail est définie comme la reconnaissance des demandes physiques et/ou physiologiques auxquelles est soumis le salarié pendant son travail. Les différentes contraintes physiques prennent en compte les manutentions des charges lourdes, les vibrations causées par les machines ainsi que les postures inconfortables. Les risques professionnels auxquels sont exposés les employés prennent aussi en compte des rythmes de travail difficiles tels que le travail de nuit ou un travail répétitif caractérisé par la répétition d’une action précise sur une durée déterminée. On peut également évoquer les milieux de travail agressifs matériels tels que les produits chimiques dangereux, une grande variation de température, du bruit ou un milieu hyperbare. Tous ces risques professionnels sont considérés comme les facteurs de pénibilité. À chacun de ces facteurs est reliée une valeur limite de référence qui permet de mesurer la pénibilité rencontrée. Pour avoir plus d’informations sur le phénomène de pénibilité sur les lieux de travail, rendez-vous sur ce site.

Quelles sont les conséquences de la pénibilité en milieu professionnel ?

La raison pour laquelle le ministère de l’Intérieur a pour mission de réussir la prévention des risques professionnels est intimement liée aux dommages de ce phénomène. Les mauvaises conditions de travail exposent l’employé à des risques psychosociaux au travail, mais surtout à des risques sur sa santé physique :

  • Le travail de nuit : il s’agit d’un véritable facteur de maladies chroniques. Effectuer un travail de nuit induit un bouleversement de l’horloge interne du salarié. Les heures de sommeil sont réduites et les heures de repas ne sont pas respectées. Par conséquent, les performances cognitives du corps humain sont touchées et les risques d’accidents connaissent une hausse significative. Cependant, les dégâts sur le corps humain sont plus graves : l’obésité, l’augmentation du taux de glycémie. Ces perturbations causent souvent des problèmes cardio-vasculaires, l’apparition du diabète de type 2 et même le cancer du sein au niveau de l’organisme féminin.
  • La posture debout : adopter la station debout exige un effort musculaire intense pour soutenir la colonne vertébrale. L’employé qui se trouve dans une telle situation commence donc à subir des douleurs dans les pieds et des raideurs au niveau des jambes. Ensuite, il est plus exposé aux problèmes de circulation du sang, causant des varices ou des maladies chroniques telles que l’arthrite au niveau des genoux ainsi qu’aux hanches, ou encore une fasciite plantaire.
  • Le bruit peut entraîner la perte de la fonction auditive. À partir de 80 décibels pendant une durée de 8 heures de travail d’affilée, le salarié est exposé à des risques de perte auditive. Lorsque le bruit est supérieur à 135 décibels, le risque est avéré, même si l’employé n’est pas exposé pendant une longue période.

Quels sont les devoirs de l’entreprise dans le cadre de la pénibilité ?

En dehors de l’établissement des fiches individuelles de pénibilité, le dirigeant est obligé de réaliser la prévention des risques professionnels en prenant les précautions nécessaires pour garantir la sécurité et la protection de l’intégrité physique, mais aussi la réduction des risques psychosociaux des employés. Le règlement de la Sécurité sociale prévoit une obligation de projet d’action pour toutes les sociétés dont l’effectif du personnel excède 50 personnes et dont la moitié est soumise à au moins un facteur de pénibilité.

Par ailleurs, le compte pénibilité est entré en vigueur depuis le 1er juillet 2016 et a pour mission de permettre aux employés qui sont exposés à des facteurs de pénibilité de faire valoir leurs droits dès qu’ils ont pris la retraite, de réduire leurs heures de travail ou de recevoir une formation pénibilité au travail grâce au CPF.

Qu’est-ce que la fiche de pénibilité ?

Pour chaque employé souffrant de pénibilité, tous les chefs d’entreprise doivent rédiger une fiche de prévention des expositions à ce phénomène. Cette fiche doit immédiatement énoncer les différentes conditions d’exposition et les situations précises qui peuvent survenir ainsi que les diverses précautions mises en place pour diminuer ou éliminer les facteurs de risques professionnels.

Il existe un modèle de fiche présenté par un arrêté du 30 janvier 2012 pour aider les entreprises à réaliser cette démarche. Cette fiche doit ensuite être transmise au salarié ainsi qu’au département de santé du travail afin de compléter le dossier de santé de l’employé. De cette façon, le service médical du travail joue un rôle très important dans la lutte contre ce phénomène de société. De plus, depuis juillet 2011, les salariés âgés de 60 ans peuvent aller à la retraite dans le cas où le seuil acceptable d’incapacité permanente et partielle est dépassé.