Gossip à l’Elysée !

Prenez un petit message sur Twitter, délayez sur des blogs, faites buzzer puis ajoutez des effets de réseaux, vous obtiendrez une belle couverture médiatique fançaise et internationale. Laissez gonfler quelques jours et ôh surprise, vous obtenez une véritable petite affaire d’Etat ! A servir bien chaud avant qu’elle ne retombe comme un soufflé !

Difficile de passer outre cette semaine : « l’affaire Sarkozy-Bruni-Dati » est sur toutes les bouches.

Quand la machine s’emballe …

Tout avait commencé avec Twitter et quelques blagues postées sur des tweets. Je me souviens de ces messages, déjà dépassés aujourd’hui, comme du second degré de Johan Hufnagel (co-fondateur de Slate) qui postait en mars dernier  : « Benjamin Biolay c’est bien le mec qui … » La phrase n’était pas finie, mais aujourd’hui on pourrait la finir comme ceci : « Le mec qui a décidé de porter plainte à l’encontre de plusieurs médias et notamment France 24″.  Le mec qui a déclaré : « Je n’ai rien à voir avec tout cela et je me suis retrouvé au milieu de ces conneries inventées par je ne sais qui. »Magie de Twitter, on ne le sait pas non plus. Pourtant si ce nouvel espace apporte le dialogue 2.0, il n’en reste pas moins un espace public, avec ses contraintes et ses obligations. Relayer une rumeur et diffamation, la limite est parfois étroite ! Surtout que le bouche à souris aidant, en deux semaines, de nombreux sites, français et étrangers, écrivaient pour dire que d’autres écrivaient sur cette rumeur. Ainsi, comme on peut toujours le lire sur le site de la Tribune de Genève : « la rumeur enfle dans la blogosphère : hors fonction officielle, la première dame de France ferait ménage commun avec Benjamin Biolay. Son mari, lui, se consolerait avec sa secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno ».

Ce qui est vrai …

Ça aurait pu être une petite rumeur de cour de récré, lancée comme un jeu, qu’on aurait racontée à quelques amis un temps, qui aurait été oubliée aussi vite qu’elle n’était apparue. Pourtant … elle concerne le président de la République et son épouse.

Et qu’aujourdhui, une enquête judiciaire a été ordonnée par le parquet de Paris, pour « introduction frauduleuse de données dans un système informatique », après la plainte de la société éditrice du site du Journal du dimanche, Hachette Filipaccho Associés, comme l’annonçait Le Monde du 8 avril.

Et que Pierre Charon, conseiller de Paris et ami de Nicolas Sarkozy, laissait entendre que cette rumeur serait « une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers ».

Et que Rachida Dati a été augurée comme une source de ses rumeurs. Ce dont elle se défendait sur RTL.

La réalité rattrape donc le monde d’Internet, preuve criante qu’il n’est plus qu’un seul « monde virtuel » comme nous le montrait Ada cette semaine. Les répercutions sont bien réelles. Peut-être est ce le seul mérite, s’il était nécessaire, de cette rumeur.

Parce que comme le répondait Laurent Fabius, invité du Grand Journal de Canal Plus, mardi dernier, après l’exposé de la situation par Jean-Michel Aphatie : « Un bon politique doit éviter de prendre les petites choses minables pour de grandes choses ».

Et nous laisserons donc le mot de la fin à une des principales intéressés : Carla Bruni-Sarkozy qui s’exprimait pour la première fois sur Europe 1 mercredi. « Je suis venue pour relativiser, pour éviter qu’une affaire qui n’a aucune importance prenne des proportions que je trouve ridicules, insignifiantes« .
Et d’assurer que Rachida Dati « reste tout à fait notre amie ». RE-LA-TI-VI-TE !