Dur, dur d’être un humoriste !

Bon, d’accord, on connait Stéphane Guillon. Connu et reconnu pour son franc-parler, et ses caricatures d’hommes politiques. A droite, à gauche, tout le monde en prend pour son grade. Et encore une fois, il défraye la chronique, avec celle de lundi dernier.Revenant sur l’action d’Eric Besson comme ministre de l’Immigration, l’humoriste a dépeint l’homme comme une « taupe du FN ». Un « mata Hari » de la politique qui aurait eu comme plan d’ «infiltrer le PS, démissionner et rejoindre Nicolas Sarkozy pour, une fois au gouvernement, manoeuvrer et relancer les thèses du FN». Scandalisé, le ministre a réagi dès lundi et a appelé Stéphane Guillon à «arrêter les amalgames, les anachronismes».

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, a présenté lundi les «excuses du groupe» à M. Besson. Il a estimé que l’une des formules de l’humoriste n’était «pas conforme aux valeurs du service public». Guillon avait en effet critiqué le physique du ministre lundi, avant de revenir mardi matin sur sa chronique de la veille pour présenter des excuses, mi figue, mi-raisin. Des excuses du patron que le syndicat SNJ-CGT n’apprécie guère. Les «menaces scandaleuses et dangereuses» d’Eric Besson «contre le droit à la caricature, contre le droit d’expression et de critique sur cette radio et contre sa rédaction sont scandaleuses et dangereuses». Derrière cet affrontement, encore et toujours cette même question : Peut-on tout dire sous couvert de l’humour ? Un certain Pierre Desproges à une autre époque, pas si ancienne, répondait : « On peut rire de tout, oui, mais pas avec n’importe qui. »

A bon entendeur !