Des louanges pas très Frêche

Sortez les violons, faîtes pleuvoir les compliments, oubliez les phrases assassines car le Grand-Prince de Septimanie n’est plus. Georges Frêche s’est éteint dimanche soir à 18H45, d’une attaque inattendue du cœur. Un de ces cœurs à la veine populiste et à la verve assassine encenseur de polémiques. Mort, il suscite un concert de louanges malaisées côté PS. Tant de mansuétude est-elle véritablement nécessaire ?

On ne tire pas sur un corbillard

L’heure n’est plus à la polémique et les journaux ruissèlent de vibrants hommages.  En l’honneur de celui que la Licra appelait le « Le Pen de Gauche », la classe politique – gauche et droite confondues- salue le «grand élu » de Montpellier.

Qui se souvient de celui qu’Hélène Mandroux qualifiait de « terroriste » il y a quelques mois ?

À gauche,  oubliés querelles des régionales et dérapages de campagne ! Celle qu’il appelait « La petite Martine » voit en lui « un visionnaire et un bâtisseur, dont le nom restera à jamais lié à Montpellier et à sa région. (…) Au-delà des désaccords que nous avons pu avoir, je souhaite me souvenir d’un homme courageux et engagé. (…) Je fais part de mes pensées les plus chaleureuses à sa famille, ses proches et à ses amis politiques. »

Effacées les polémiques créées par ses propos racistes et injurieux ! Laurent Fabius pardonne à celui qui l’avait offensé : « C’est vrai qu’il avait tenu des propos contestés dans différentes circonstances, mais je crois qu’au moment où il s’en va, il faut prendre un peu de recul, de hauteur, et se rappeler surtout ce qu’il a fait de positif pour sa région et pour sa ville. Il faut garder le bon côté, le meilleur. »

Transformé son doigt levé à la face du monde et sa politique quasi-mégalomaniaque ! Même François Hollande qui l’avait exclu du PS en 2007 y est allé de son adage « Un homme qui savait voir loin ».

Stratégies de cimetière

Le bal des pleureuses n’est pas seulement de circonstances. Car, la disparition de l’ancien maire de Montpellier représente un héritage que tous les éléphants socialistes cherchent à capter. Elle risque de raviver à gauche les rivalités pour sa succession.  La question sera alors de savoir qui pourra mettre la main sur la fédération socialiste que Frêche tenait d’une main de fer ?

Le vainqueur devra appâter l’opinion, très attachée à l’indétrônable baron, mais aussi les 58 alliés du Président de la région, que le PS avait mis sous tutelle de la fédération de l’Hérault pour six mois…Du pain sur planche pour Martine!

D’ailleurs, hasard du calendrier,  Hélène Mandroux (Maire PS de Montpellier) publie un livre à charge du président, le jour même de ses obsèques. Un livre intitulé Maire Courage, préfacé par Martine Aubry. « Il y a du Machiavel en Georges Frêche », écrit l’auteur, qui accuse son ex-mentor d’être « populiste », de « fouler les valeurs de la gauche », de « n’aimer personne », de n’avoir « bâti que pour sa gloire personnelle », de « régner par la peur » et de « confondre pouvoir local et pouvoir absolu ». Bonne presse ? Mauvaise presse pour le PS ? Il faudra adapter le discours…

En attendant, voici un montage très Fresh’ pour nous rappeler ces « grands » moments de la vie politique française.