Ce machin européen…

Si je vous dis, commission européenne, vous répondez ? Beurkkk ? Moi pas comprendre ? T’es « relou » sérieux  ?Cette semaine pourtant, Ô zoomers effrayés, un petit cours d’Union européenne, puisque cette commission, horripilante voire inconnue, est en pleine cure de jouvence. Et qu’à l’issue, c’est bien sur eux, vous, nous, que l’équipe « Barroso II » si approuvée par les parlementaires européens (que vous avez vous-mêmes en principe élus je vous rappelle), aura des super pouvoirs.

Petite leçon d’Europe pour ceux qui n’ont rien suivi…

La Commission est l’exécutif de la grosse machine européenne. Elle prépare et applique les décisions du Conseil et du Parlement. Ces « ordres de Bruxelles », trop bons arguments pour nos politiques souvent bien lâches en matière de réformes ou pour les souverainistes d’ici et d’ailleurs… et bien ils viennent de la Commission. Le traité de Lisbonne désormais en vigueur, le Parlement peut approuver ou rejeter la composition de la Commission du Président Barroso, reconduit à son poste pour cinq ans en septembre. À 27 (26 commissaires plus un Président), ils fixeront l’agenda et les achèvements des 27 membres européens sur la période 2010-2014. Du 11 au 19 janvier, l’équipe « Barroso II » passe donc un grand oral auprès des parlementaires. Gares aux performances médiocres, qui pourraient entrainer des modifications dans le Collège (pour ne pas citer les évictions respectives de l’Italien Rocco Buttiglione et la Lettonne Ingrida Udre en 2004)

Et alors, quoi ?

Alors, cette personne en charge d’un portefeuille donné dans son affreux bureau à Bruxelles (de certains le monstre Berlaymont) prend des décisions qui sont retranscrites dans les 27 législations de l’Union. Autrement dit, si elle est incompétente ou si son passé est un peu obscur, petit problème risque bien de se poser. Et ce ne serait pas la première fois… Alors nous on s’en fout d’accord, mais quand même ! Ô vous lecteurs, je vous vois venir ! Ce dimanche des élections européennes, vous n’aviez pas envie de vous lever pour aller voter… et bien mordez vous-en les doigts… Si les parlementaires ne sont pas à la hauteur pour poser des questions fortes aux Commissaires, pour tester leurs compétences, fouiller dans leurs passés respectifs, voire les déstabiliser, ne venez pas blâmer ce « gros machin » ! Oui, vous lecteurs, êtes un peu responsables aussi !

Moralité, en 2014, allez voter…

Il n’est évidemment pas question de suivre en détail toutes les auditions (rassurez-vous, des gens comme moi sont payés pour ça !) Cependant, si approuvés, lorsque que Michel Barnier fera des propositions sur la régulation des banques, ou Connie Hedegaard lors des prochaines négociations sur le climat, repensez à ce programme des élections européennes que vous avez négligé. En élisant des parlementaires qui siègent et votent (en votre nom), vous avez un pouvoir, même relatif, pour faire avancer le « gros machin ». Certes on peut (et on ne s’en privera pas ici) contester la position et la stratégie de Barroso, en même temps… En 2014, allez voter et réfléchissez-y à deux fois…