Campagne américaine : La cyberguerre est déclarée

Janvier prochain, le candidat républicain qui affrontera Barack Obama aux présidentielles de 2012 sera officiellement connu. En attendant, il reste 3 mois à la dizaine de candidats en lice pour se démarquer. Tous les moyens sont bons et le web se déchaine.

Mitt Romey, Rick Perry, Herman Cain et Jon Huntsman. Jusqu’à la semaine dernière, ils étaient quatre à sérieusement avoir les faveurs du Tea Party. Depuis, des accusations de harcèlement sexuel (d’envergure strauss-kahniennes) sur le candidat Cain sont venues salir sa candidature. Il riposte à tire-d’aile avec cette vidéo, mettant en scène son propre directeur de campagne.

Sur les paroles de  I am America, Mark Block revendique son droit de fumer . « Pay no attention to the people in the street
 crying out for accountability », littéralement « ne faites pas attention aux gens dans la rue qui crient à la responsabilisation ». Sur un ton le plus cérémonial possible (autant que ça peut l’être devant le grillage d’un jardin) Block annonce que l’Amérique n’a jamais vu un candidat comme Herman Cain. Il ajoute « nous avons mené une campagne comme personne ne l’a jamais fait. ». Ce n’est pas une parodie, même si ça en a tout l’air : la clope, l’air inspiré et la moustache de Block. La vidéo déjà  a été vue  plus d’un million de fois. Le manque de nicotine et visiblement de sommeil (le plan serré très flatteur pour les valises) comme sujets de campagne, pourquoi pas, mais on a du mal à comprendre.

Liddy, Abby et Mary Anne Huntsman n’en sont pas à leur premier galop d’essai. Pour supporter leur papounet chéri, elles s’improvisent dir com’ web de la campagne. Tout a commencé lorsqu’un blogueur a repéré le compte rasoir de Liddy sur Twitter, début 2011. Des centaines de journalistes se sont mis à épier la vie passionnante d’une étudiante de l’université de Pennsylvanie. Ce compte est aujourd’hui désactivé, il a laissé place au politiquement correct @Jon2012girls. Elles sont encore loin des 11 millions de followers d’Obama mais leurs tweets bien placés leur ont permis d’accéder à une certaine popularité que les collaborateurs de leur père ne maîtrisent pas. Sans les consulter, elles alternent messages d’affection filiale et coups de patte envers les autres candidats :

« Great showing at Dad’s townhall this morning in Laconia, NH » *

« How does Romney know anything about China? He’s only been there once and that was for the Olympics. Panda Express doesn’t count » **

Entre les accusations d’harcèlement et les vidéos pour faire vibrer la toile à n’importe quel prix, la campagne républicaine est définitivement lancée.

*« Super show de papa ce matin à la Mairie de Laconia »
** « Qu’est-ce que Romney sait à propos de la Chine ? Il n’y a été qu’une seule fois et c’était pour les JO. Panda Express (le fast food chinois aux USA) ne compte pas »